© Frédéric Malette

La migration en tant que représentation de la société. Le drame qui met en perspective cette société, et nous-même à l’intérieur de cette société, afin que nous découvrions quelle est notre place, comment nous nous positionnons, quelles responsabilités nous prenons, quels choix nous faisons.
Une mer qui a été le berceau des grandes civilisations est aujourd’hui le lieu d’une tromperie et d’une misère morale de plus en plus barbares et sauvages.
Cette mer est menaçante et protectrice, elle cristallise les « deux manières de se perdre » définies par Aimé Césaire, « par ségrégation murée dans le particulier, ou par dilution dans l’universel » (Lettre d’Aimé Césaire à Maurice Thorez, 24 octobre 1956).
La migration en tant que représentation de la société d’où émergent l’image du « décivilisé » et du « civilisé ». Où l’un se reflète, où l’autre le rejette dans la décadence et la dérive humaine. Comment être humain face à l’inhumain, face à soi ? « Ne faites point de moi cet homme de haine pour qui je n’ai que haine » (Cahier d’un retour au pays natal, 1947, Aimé Césaire).

Frédéric Malette, Nantes, avril 2015.