© Frédéric Malette

A la lumière des étoiles.

Les images et les récits sont toujours là, ensevelis, cachés sous le lit de mes sentiments, de mes sensations, de mes liens avec mes parents, ma famille, les autres. Les images dorment en moi, comme un rêve et demandent juste à être réveillées. Elles sont le témoin de mon histoire, des histoires, de notre histoire, de l'Histoire. Elles sont un ensemble, mais il n'y a pas d'ensemble, rien que des fragments de soi et des autres.
Et les dessins qui en résultent sont l'emprunte de ces images. Ils sont ce mélange étrange entre la mémoire, le souvenir, l'oublie, l'imaginaire et la vérité. Ils restent honnêtes et ne se détournent pas des récits, des impressions, des pensées sincères, des émotions qui permettent de remonter à la source de notre mémoire individuelle. Une mémoire personnelle qui joue, court, flâne, coupe à travers, qui reste là et puis revient sur notre mémoire collective d'où émerge notre histoire.
Le dessin questionne cette histoire commune. Il sonde ce qui est arrivé avant ma naissance, avant nous, au plus profond de nous pour se libérer, se séparer des êtres qui nous composent, qui sont une partie de nous afin de vivre le présent, de l'habiter, d'en être capable.
Alors se pose sur le papier, un espace, un temps où le mystère de ce qui est, de ce qui a été, de ce qui sera, s'impose. Et comme Dante et Virgile, après le chaos, à la sortie des Enfers, nous pouvons finalement revoir les étoiles.

Frederic Malette,
Nantes, août 2013.