Une exploration dans le monde du dessin.
« Chimère Lorientaise »
« Elle est peut-être fatiguée, saoule, déprimée ou le contraire, morte de rire. Mais cette femme ne se dévoile pas. Elle ne veut pas. Elle nous montre qu’une tignasse de cheveux où notre regard se perd. Elle refuse de nous cracher son visage, ce qu’elle pense, ce qu’elle est. Alors on est obligé de se rabattre sur autres choses pour comprendre, pour la connaître, pour essayer. On cherche dans ses mains rugueuses, endolories, qui tiennent à peine un sac, un travail dur, sans relâche. Un travail où le sel vous bouffe les mains, où les poissons vous coupent les jambes. Une trieuse de poisson de Lorient, comme ma grand-mère, qui passe 22 ans au port à ne plus savoir la différence entre le jour et la nuit, à répondre aux mots doux des dockers par des rires rageurs. Une de ces femmes qui fait la fortune du port, de la ville pendant un temps. Il n’y a plus que les goéland qui croient à cette époque. Ces oiseaux bagarreurs monopolisent le ciel, les rues, les habitations, même les plus reculées dans les terres. Ils nous rappellent que la mer est là, que l’océan est indissociable de Lorient. Le chant criard, tapageur des goélands réveille cette ville. Il bascule cette apparence de calme vers une réalité où les habitants de Lorient se retrouvent autour d’un godet pour sourire, se confier, parler, chanter, être eux. Des bons vivants qui célèbrent leur patrimoine, leur culture à grand coup de biniou derrière la nuque pour se réveiller, pour ne pas oublier, pour chanter pls fort que les goélands. »
C’est dans le cadre de la résidence « Lorient et l’estampe » que la ville de Lorient m’invite en compagnie d’artistes comme Glgian Gelzer, Marc Desgrandchamps, Agathe May, Frédéric Pajak, Willem, Muzo, Thibault Le Guillou et Marie-Claire Corbel. A cette occasion, il m’est demandé de créer une image représentant mon ressenti de la ville.
Sérigraphie tirée à 100 éxemplaire . 56/76 cm.
Résidence « Lorient et l’estampe »
Lorient, France
Novembre 2007



